Définitions

Définitions générales liées à l'Economie et Spiritualité en Yoga

L’homo économicus

Le terme d’ « homo économicus » s’est imposé en économie depuis la fin du 19ème siècle avec la formulation de la théorie néo-classique qui est devenue depuis cette époque la théorie économique dominante. Pour ce courant de la pensée économique, l’homo economicus est une manière de se représenter et de modéliser l’individu dans la société. L’homo économicus a deux principales caractéristiques :

  • Il poursuit son seul intérêt particulier sans se préoccuper des autres
  • Il est parfaitement rationnel dans son comportement, dans ses choix 

L’homo économicus, comme un être poursuivant son seul intérêt avait été proposé par la théorie utilitariste, popularisée par le philosophe anglais Jeremy Bentham (1748-1832). Rappelons que selon cette doctrine, l’action humaine est la conséquence d’un calcul coût / avantage destiné à procurer le maximum de satisfaction pour un effort donné ; cette caractéristique de l’homo économicus plonge ses racines dans la conception matérialiste de la nature humaine prônée par les philosophes du siècle des Lumières et notamment par John Locke (1632-1704) : l’objectif de chaque individu est de s’assurer son bien-être et de s’incorporer le monde. C’est dans ce contexte de la pensée des Lumières qu’Adam Smith écrit son célèbre livre Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776).

Smith soutient l’idée que l’intérêt de la communauté, ou de la société, passe par l’égoïsme de chacun. «Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière ou du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme; et ce n’est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c’est toujours de leurs avantages».

L’homo économicus , comme un être parfaitement rationnel, s’inscrit aussi totalement dans le siècle des Lumières qui avait l’ambition d’être le siècle du triomphe de la raison. Plus précisément, il correspond à la vision de la nature humaine décrite dans le Discours de la Méthode de Descartes : l’homme est doté d’une raison qui lui donne une place spécifique dans la création.

Pour plus de détails voir notre article L'homo economicus n'est pas notre vraie nature

Mode de développement

Un mode de développement se caractérise par :

  • une certaine manière de produire ( manière d’utiliser et d’exploiter les ressources naturelles et la force de travail)
  • une certaine manière de consommer ( privilégier, par exemple, la consommation de biens et de services produits localement, dans des structures productives socialement soutenables et équitables, ayant de faibles impacts sur l’environnement naturel etc.)
  • une certaine manière de dégager un surplus monétaire pour investir (impôts sur les revenus, TVA, écotaxes, inflation, création monétaire, importation de biens de consommation à bas coûts pour contenir ou diminuer le prix de la force de travail, etc.)

Plus fondamentalement tout mode de développement se construit à partir d’une certaine conception de de la valeur et de la richesse économiques et d’une certaine vision du monde (rapport des hommes à la nature, à la planète Terre et rapport des hommes entre eux). Au sein du mode de développement mis en œuvre par les pays industrialisés, les manières de produire et de consommer ont évolué depuis le début de l’industrialisation ; mais notre conception de la richesse et notre vision du monde, tout en restant fondamentalement les mêmes, se sont imposées d’une manière de plus en plus forte avec la mobilisation, grâce aux sciences et aux techniques, de forces productives de plus en plus puissantes.

Il est donc devenu très difficile de penser qu’il nous est possible de mettre en œuvre d’autres modes de développements. Ces modes de développement alternatifs ne pourront émerger que si nous changeons nos visions du monde.

Science économique

L’utilisation du mot « science économique » est relativement récente (fin du 19ème siècle). Pendant longtemps c’est le terme d'économie politique qui fut employé pour désigner la production de connaissance dans le domaine de l’économique.
 

Qu'est ce que l'acte économique c'est à dire l'économique ?

Karl Polanyi différencie une définition "substantive" de l’ économique c'est à dire valable pour toute forme de société et une définition formelle propre à chaque société. Du point de vue substantif :« l'économique tire son origine de la dépendance de l'homme par rapport à la nature et à ses semblables pour assurer sa survie. Il renvoie à l'échange entre l'homme et son environnement naturel et social ». Du point de vue formel, dans l’économie de marché par exemple, c’est la situation de rareté qui détermine globalement le fonctionnement de l’économie, tandis que dans d’autres types d’économie ce sont d’autres contraintes (politique, religieuse, éthique, etc. ) qui structurent l’économie.

Dans un texte intitulé  « Aristote découvre l’économie », Polanyi souligne que dans la Cité grecque, l’objet premier de l'économique est d’organiser la quintessence du bien-vivre ensemble, le plaisir d’une journée au théâtre ; cela demande une organisation économique qui ne se fonde pas sur la représentation d’un désir individuel souverain.
 

Sciences économique ou économie politique.

L’économie politique apparaît à la Renaissance comme une discipline distincte de la philosophie et qui s'intéresse à la création et à la circulation des biens matériels, de richesse à l'échelle nationale. A partir du XXème siècle, avec l'accroissement de l'utilisation d'outils statistiques et de mathématiques, l'économie politique se transforme en science économique.

Comme nous le propose François Fourquet, auteur de l’ouvrage sur la Généalogie de la valeur, il nous faut revenir à l'économie politique comme « réflexion spécifiques sur les ressorts de la richesse nationale et sur les moyens de l'accroître. Elle n'apparaît qu'avec l'institution d'un Etat. La naissance de l'espace économique et celle de l'espace politique sont corrélatives ». Par contre « pour le scénario libéral, l'économie marchande existe en soi. L'Etat né après elle et grâce à elle; (..) c'est une science autonome ». L’économie politique naît donc de l'implication de l'Etat et plus généralement du pouvoir politique sur la mise en valeur de la richesse. « En d'autres termes, l'économie politique est la forme réflexive et théorique de la politique économique ».

Utiliser les mots de science économique ou d'économie politique n'est donc pas neutre. Dans un cas on affirme que l'économie marchande peut exister en dehors de tout pouvoir politique, et on peut construire une économie pure, une science économique. Dans l'autre cas on affirme qu'on ne peut pas produire de connaissance économique pure en dehors d'un contexte politique donné et notamment d'une vision du monde et d’une conception de la valeur et de la richesse économiques.

Siècle des Lumières

En s’appuyant sur l’esprit de la Renaissance et le cartésianisme du 17ème siècle, le 18ème siècle ou « siècle des Lumières » a consacré le triomphe de la raison sur l’obscurantisme.

Cette expression « siècle des Lumières » fut fréquemment employée par les écrivains du 18ème siècle, convaincus qu’ils venaient d’émerger de siècles d’obscurité et d’ignorance et d’entrer dans un nouvel âge illuminé par la raison, la science et le respect de l’être humain.

Avec le triomphe de la raison, ce siècle fut en effet marqué :

  • l’exaltation des sciences,
  • la critique de l’ordre social et de la hiérarchie religieuse
  • la primauté accordée à l’individu.

De grands événements se sont déroulés durant ce siècle et qui ont concerné les domaines :

  • du politique (Révolution anglaise 1688, guerre de l’indépendance américaine 1776-1883, la révolution française)
  • de la littérature (Voltaire, Rousseau, etc.)
  • de la science et des techniques : publication des sept volumes de l’Encyclopédie de Diderot, invention en 1769 par James Watt de la machine à vapeur qui symbolisera le début de la révolution industrielle.

Notons que pour beaucoup d’historiens, le « siècle des lumières » débute en 1715 avec la mort de Louis XIV - certains le font commencer en 1688 avec la révolution anglaise - et se termine avec le congrès de Vienne en 1815.

Pour en savoir plus :

Le siècle des Lumières. Une certaine vision du monde de la place de l’homme dans le monde à re-questionner ?

Spiritualité

Une des difficultés que l’on rencontre pour essayer de préciser le contenu du mot « spiritualité », est qu’on a trop longtemps assimilé spiritualité et religion. Rappelons qu’étymologiquement ce mot spiritualité vient du mot latin spiritus (esprit) – dérivé de spirare (souffler) – qui signifie souffle, vent. Il a aussi donné les mots inspirer et expirer. On peut ainsi noter une proximité entre la spiritualité et le souffle de vie qui habite en chaque homme et qui anime sa respiration.

Dans la Genèse il est dit « Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant ». Rappelons aussi que dans Les Evangiles la venue du Saint Esprit se manifeste par un grand souffle. Pour préciser le contenu de ce mot on peut s’inspirer des propos d’André Comte-Sponville, philosophe et auteur d’un ouvrage L’esprit de l’athéisme, Introduction à une spiritualité sans Dieu. Pour ce philosophe qui se dit athée, la spiritualité fait partie de la vie de l’esprit, et de préciser « l’esprit n’est pas une substance, c’est une puissance, c’est un acte (acte de penser, de vouloir, d’imaginer, ..)».

L’esprit en tant que puissance de penser n’existerait probablement pas sans le cerveau, « mais le cerveau sans cette puissance là, ne serait qu’un organe comme un autre ». Tout en définissant la spiritualité comme puissance de penser, Comte-Sponville reconnaît qu’il est difficile d’en donner un contenu précis : « La spiritualité est davantage une contemplation, une expérience, une pratique ».

Il nous dit qu’il avait pensé appeler son livre sur la spiritualité Traité du silence, « pour indiquer le vrai paradoxe : essayer de dire avec des mots, de penser avec des concepts, quelque chose qui n’est pas un mot, ni un concept, quelque chose qui est d’abord une expérience, une pratique, un silence, et qui me paraît être le sommet de la spiritualité ». Ces propos sur la spiritualité font écho à la définition de la Voie, du chemin spirituel prôné par le taoïsme dans le Tao Te King : « voie qu’on énonce n’est pas la Voie, nom qu’on prononce n’est pas le Nom ». Selon Carl Gustav Jung, père de la psychologie des profondeurs, la spiritualité serait une fonction naturelle de notre psyché. Carole Sédillot, formatrice et spécialiste de Jung, explique que pour ce dernier la spiritualité est « une force ascendantes qui traverse l’homme et qui permet le contact avec son être véritable, ce qu’il nomme le soi. C’est à dire un état de complétude que l’on atteint lorsque l’on a intégré les dualités : l’ombre et la lumière, le ciel et la terre ».

Précisons que pour Jung le soi est l’archétype de la totalité, mais il reconnaît qu’il ne peut rien en dire, le soi constituant en tout état de cause une expérience limite pour la conscience.

Pour en savoir plus : 

Valeur économique

Dans les sciences économiques, la valeur économique sert : à définir la nature de la richesse économique. A mesurer ou apprécier la richesse économique.

Traditionnellement, dans la pensée économique, le mot valeur présente deux aspects différents mais complémentaires : la valeur d’usage, la valeur d’échange : La valeur d’usage d’un bien ou d’un service est la satisfaction, l’utilité que ce bien ou ce service apporte à celui qui l’acquière.

La valeur d’échange d’un bien ou d’un service est la capacité que donne la possession de ce bien ou de service d’acheter d’autres biens et services. Pour faire simple on admettra ici que la valeur d’échange est égale au prix. Il faut souligner qu’avec la mondialisation du mode de développement des pays industrialisés, les aspects de valeurs d’usage des biens communs (tels que le climat, l’air, l’eau, les ressources non renouvelables, la monnaie, etc.) et donc l’utilité sociale de ces biens occupent une place de plus en plus importante.

Il nous faut donc nous interroger non plus sur l’utilité d’un bien pour un individu isolé mais de plus en plus sur l’utilité sociale des biens et notamment des biens communs. Et «s’interroger sur l’utilité sociale d’un bien ou d’un service revient à questionner le processus qui a permis de légitimer sa production ». Pour en savoir plus : Comment sortir des impasses de notre mode de développement

Vision du monde

Le concept de vision du monde fut forgé par des linguistes qui avaient observé que toute langue particulière influençait et organisait la perception du monde.

Le dictionnaire des Sciences Humaines précise que « la vision du monde définit une attitude générale par rapport à la vie. Elle intègre à la fois une représentation globale de la réalité (monde physique, et social) et un type d’engagement existentiel (..).

Reconstituer les grands types de vision du monde qu’a connu la conscience historique correspond, selon W. Dilthey, à l’une des tâches principales des sciences sociales  ». Toute vision du monde suppose un projet d’action dans le monde et donc une certaine représentation de la place de l’homme (à la fois en tant qu’espèce et en tant qu’individu) dans le monde.

Nous ne voyons pas le monde, nous voyons notre monde. Pour en savoir plus : Les représentations de l’univers, du corps et de la connaissance selon la pensée occidentale et selon le yoga. Les apports des sciences cognitives et des neuro-sciences.

Yoga

Le yoga est une pratique corporelle très ancienne.

C’est sans doute en Inde que les pratiques du yoga ont fait l’objet du plus grand travail de formalisation et ceci bien avant le début de l’ère chrétienne. Dès l’origine, le yoga a été enseigné pour aider les hommes à apaiser les agitations de leur mental. En effet, de tout temps, les hommes ont été confrontés à la souffrance, aux incertitudes et aux différentes formes de stress de la vie, à l’angoisse existentielle. En sanskrit, le terme yoga signifie « relier », « uni-fier ».

S’appuyant sur des postures physiques simples, des pratiques respiratoires, le yoga nous aide à mieux ressentir, à nous relier aux différentes parties de notre corps. En habitant notre corps d’une manière plus consciente, il nous est possible de vivre l’unité de notre être (unité corps /cœur/esprit) et de calmer les agitations de notre esprit. Par la pratique du yoga, nous avons la possibilité de transformer notre manière de vivre et d’agir.

Pour en savoir plus : Spiritualité et yoga Le yoga est inscrit à l’intérieur du corps de tout être humain Yoga Sutra de Pantajali